Mois de Février 14

jeudi 13 février 2014

20:23

 

3 phrases

"on ne joue pas avec le feu"

"les jours raccourcissent en septembre"

"une armée de fourmis"

 

 

Assis dans l'herbe fraîche du parc, elle scrutait lascive, une armée de fourmis effectuant minutieusement, avec une dextérité redoutable, des incessants va et vient. Les unes scrutant l'air du bout de leurs antennes, les autres, porteuses des richesses bien plus grosses qu'elles, des véritables bagnardes de leurs courtes vies n'ayant pour seul objectif: la reine mère, la reproductrice, la garante de l'espèce.

 

En général, elle n'aime pas du tout les fourmis.

Soit elle quitte le lieu où elles ont pris l'assaut sur la place, soit elle sort l'arme lourde: la bombe anti fourmis.

Faut dire, se sont de drôle de bêtes, toujours d'attaque, ça grimpe partout, ça passe partout , ça emporte tout et surtout, ça vous empêche ce repos tant mérité.

Allongé, dès que vous fermer les derniers des yeux, dès que votre tête et votre corps partent tout là bas, elles vous chatouillent.!!. elles sont jalouses! les garces…

D'habitude, elle les aurait écraser avec un certain sentiment de supériorité..

Aujourd'hui, non.

Assise en tailleur sur sa couverture de laine, elle les regarde envahir son espace, le regard vague.

Ne plus penser, c'est ça qu'elle veut, ne plus penser.

 

Dans cet état semi-comateux, elle ne se rendit pas compte que le soleil avait déjà amorcé une bonne descente, laissant place à l'ombre du soir, l'apéro time chez l'un, le coup de blus pour l'autre, faut dire que les jours raccourcissent en septembre.

Va falloir rentrer.

En bonne gestionnaire, peu de gestes mais bien calculer , Chris est debout, la couverture repliée et le chien au pied.

 

Chris, c' est une ancienne tout : ancienne blonde, ancienne grosse, ancienne marié, ancienne vie bourgeoise, ancienne salariée..

par contre c'est une nouvelle cinquantenaire, nouvelle ex, affublée d'une fille de 19ans, la mini cooper breack rouge, d'un pass navigo banlieu, d'un compte courant au RSI , d'un abonnement au gymnase club , d'un forfait illimité sur son portable pour soulager ses copines en détresse sans que ça coûte de trop;

Sa vie , depuis maintenant 5 années, est faîtes d'emmerdes, de catastrophes, le tout s'accumulant les uns sur les autres, avec une certain vis de la part de la vie, pas sympa avec elle la vie.

elle survit maintenant; rien ne la soulage. 

 

Parce que, qu'est ce qu'il y à de plus dur pour elle, la perte d'un statut, passer du brillant au terne sans que cela ne se voit..faut en mettre des couches et des couches pour dissimuler, on ne joue pas avec le feu, ça brûle!..

 

En partance vers son appartement acheté avec l'argent du divorce, elle s'arrête sur le trottoir, sort un paquet de cigarette de la poche de son pantalon de sport. Bien qu'elles se ressemblent toutes, elle hésite sur le choix de la cigarette, celle là tiens ! la plus à droite, la regarde, la hume, la mêt en bouche et l'allume avec une certaine dextérité révélateur d'une grande habitude...bouffée de soulagement, voir de bonheur.

Pendant une précieuse seconde, elle ne pense à rien….une seconde durant laquelle sa vie enfumée s'échappe dans les airs.

 

Soulagement de courte durée, du fond de l'autre poche, le téléphone l'appel à la réalité: sa fille. En crise depuis l'âge de 12..une galère, un boulet….sa fille, sa misère, sa tristesse, elle souffre pour elle….que peut elle faire, comment l'aider, elle qui le refuse …

 

Chris doit être forte, irréprochable, respectable, esthétique parfaite et dissimulatrice.

Elle est seule face à ses angoisses du lendemain, passée direct en mode « jour le jour », pas de projets, peux pas.

Son ex mari, il s'en fou, il a viré homo chargé au poppers, son ex amant veut l'amour qu'elle n'a plus la possiblité de donner. Résultat, il lui prends la tête, il l'englue, en rajoute sur le plateau en scènes de jalousie, de possession.

,Elle a lâché, elle s'en fout de lui, trop lourd le gars. Elle est submergée.

Elle se bat comme elle peut: elle agresse, elle insulte, elle textote d'ignobles mots. Elle se fait mal, ce n'est pas elle ça! .., faut arrêter ça aussi!

 

Les mensonges, ça pèsent, c'est comme les klg, plus il y en à , plus on est lourd, plus on a du mal a avancer…

Parce qu'elle ne vous parlera jamais de son travail qui fout le camps. Il y à les jeunes qui poussent, alors crise ou pas , le client se fait rare, faut allez le relancer, le surprendre, le charmer, faire des conditions et concessions. L'avenir financier n'est plus certain, elle ne va pas encore demander de l'argent à sa mère!

Etre à son compte, c'est difficile, être indépendante...un vrai statut à plein temps, même le dimanche! Merci!

Il faut du courage. Elle a tellement pris le pli, l'habitude de tricher. Plus le temps se consume plus elle est destabilisée, plus elle est seule.

Enfin, pas vraiment ! elle a Boubou au bout de la laisse, son morceau de joie, sa folie, sa boudinette ronfleuse..chris ne s'en lasse pas de s'attendrir , rien que de la regarder galoper la queue bien droite, le trou de balle en fleur, toujours prête à être humer, toujours prête à bouffer...Chris nous sort un de ses joli rictus, celui qui penche du côté droit! ..des plus tendre….sa boubounette, elle n'est pas dupe, elle sait tout, elle voit tout et elle ne dit rien ... Elle maintient le statut de sa maîtresse avec perfection.

La panoplie est complète, l'apparence est encore sauvée pour l'instant, pour combien de temps, comment de temps va-t-elle tenir, combien de temps va durer ce petit jeu, quand va-t-elle rendre les armes , quand va-t-elle laissé son costume d'apparat au fond de ses armoires bondées.

Être la fille libre qui vient du fond de son ventre, celle qui rit de toutes les barrières.

Elle ne comprends plus le monde dans lequel elle s'est emmuré…..

 

  1. Elle voudrait tout casser, elle est fatiguée...